YiYi

Réalisateur : Edward Yang
Scénario : Edward Yang
Sortie : 2000
Acteurs : Wu Nien-Jen, Elaine Jin, Jonathan Chang
Note du film : 8/10

Comment définir Yi Yi autrement qu’une ode à la vie ? Non, pour être plus précis, une ode aux segments de la vie. On retrace, tout au long du métrage, les moments charnières de notre existence. De la plus tendre enfance, aux amours de jeunesses, au mariage qui s’affirme par la naissance d’un enfant. Jusqu’à tomber dans la crise de la quarantaine, à se remémorer les erreurs du passé. Pour arriver au point culminant de la vie : la mort.

 

Edward Yang nous fait vivre les péripéties d’une famille modeste chinoise. On y retrouve le père en crise d’identité ; la mère bouleversée par la maladie de la grand-mère ; l’adolescente se questionnant sur elle-même ; enfin l’enfant joueur et espiègle. Autour de cette famille nucléaire gravite, en plus de cela, le beau-frère, la voisine de palier, les collèges de bureau, etc… Le tour de force du film est de ne pas nous offrir l’histoire individuelle de chaque membre de ce foyer. Au contraire, chaque récit est en symbiose et se complète.

Le titre Yi-Yi confirme l’immuabilité du rapport avec l’autre. Yi – Yi peut être traduit par « Un à Un ». L’histoire de cette famille se construit toujours par pair. Déjà par la scène d’introduction où chaque personnage présente un nouvel acteur de cette histoire. Puis, tout au long du métrage, lorsque qu’un protagoniste grandit auprès d’une autre personne. Par la complémentarité avec autrui, un individu se forge. Il apprend, comprend et mûrit sa propre personnalité.

 

Par cela, le cinéaste offre ici un film d’une valeur intimiste. Sa caméra nous plonge dans le quotidien d’une famille chinoise. Toujours en gardant une distance entre nous et les personnages, le réalisateur opte pour un cadre éloigné afin d’illustrer les aléas de la vie. Le spectateur devient un curieux, toujours présent lors des réussites et des défaites de leurs existences.

Le cinéma d’Edward Yang se caractérise aussi par son attrait urbain. La ville est en perpétuel mouvement, sans attendre nos personnages. Ces derniers se questionnent, tentent de trouver de la sérénité. Pour autant, le monde urbain est en pleine effervescence. Le lieu de résidence de la famille, en plein milieu de la métropole, ne connaît que peu de confort, où la promiscuité est de mise. On connaît les histoires des voisins, tout en entendant le bruit des voitures et du train.

 

Cette œuvre est une leçon de cinéma, plus particulièrement pour les interactions entre les protagonistes. Le petit garçon de la famille, surement l’enfant le plus attachant de l’entièreté du cinéma, nous offre la perle de sagesse du film. Yang-Yang, enfant solitaire, mais plein de curiosité, décide de prendre en photo la nuque de ses parents. Par cela, ces proches pourront contempler ce dont ils sont incapables de percevoir. Une bien belle métaphore du regard de l’autre, qui est nécessaire à chacun.

Yang-Yang est l’enfant alter-ego sur lequel se projette Edward Yang. Le réalisateur souhaite, par le biais de ce garçon, illustrer les découvertes et les réussites de l’enfance. Mais aussi les revers de la vie, avec son lot de peines et de tristesses. En trois heures, le cinéaste dépeint à la perfection les états d’âmes de l’être humain, tout en offrant une formidable œuvre cinématographique.

Alexandre

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